D’une guerre à l’autre ; les écrivains de la Grande guerre au temps de l’Occupation.

 

La Société des lecteurs de Mac Orlan organise une journée d’étude qui se déroulera à Saint-Cyr-sur-Morin, au Musée de la Seine-et-Marne, le samedi 21 septembre 2019.

La Grande Guerre donna lieu à de nombreuses célébrations qui s’échelonnèrent de 2014 à 2018. Il ne paraît pas indispensable d’attendre 2039 pour nous intéresser à la perception qu’eurent de la Seconde Guerre mondiale les écrivains ayant fait la Première !

 Comment ont-ils vécu, et survécu, de 1939 à la Libération ? Qu’ont-ils écrit sur les événements ? Quels furent leurs engagements ? Autant de questions qui paraissent susceptibles d’éveiller nos curiosités.

Au-delà de la simple curiosité, il s’agit aussi de questionner deux façons d’écrire l’Histoire, et de nous demander ce qu’elles révèlent sur les rapports complexes entre les évolutions politiques et les évolutions littéraires.

Des contributions sont d’ores et déjà prévues sur les auteurs suivants : Pierre Mac Orlan, Blaise Cendrars, Louis-Ferdinand Céline, Pierre Nord, Roland Dorgelès, Jean Giono, Ernst Jünger,  Henry de Montherlant, Drieu la Rochelle.

Les actes de cette journée seront publiés en 2020 dans Lectures de Mac Orlan n° 8, volume qui propose également d’accueillir toute autre contribution sur le même sujet. Parmi les nombreux écrivains qui mériteraient encore d’être abordés nous suggérons, de manière non limitative bien entendu : Curzio Malaparte, André Maurois, Jean Paulhan, Georges Bernanos, Maurice Genevoix, Georges Duhamel…

 

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Parutions récentes

 

Ilda Tomas, Mac Orlan : Fange et paillettes, Hermann, 2018.

 

La dernière publication d’Ilda Tomas est précisément consacrée à Pierre Mac Orlan. Ce livre, qui fait suite à son précédent ouvrage sur le même auteur, Ombres et lumières (Université de Grenade, 1995), n’est pas une biographie littéraire comme l’ouvrage de référence de Bernard Baritaud : c’est une tentative originale pour définir une esthétique singulière, en s’appuyant à la fois sur le contexte historique et sur les grandes orientations thématiques de l’œuvre.

Cette étude commence par une réflexion sur « les paradoxes d’une autobiographie ». On ne saurait mieux dire en effet d’un écrivain qui s’est toujours montré d’une extrême discrétion sur sa vie privée mais qui n’a pas cessé – et de plus en plus – de nourrir son œuvre de références et de réflexions personnelles. Et c’est sans doute une part non négligeable de son talent d’avoir su se poser en personnage de sa propre œuvre plus qu’en personnalité littéraire.

À partir de là, la réflexion d’Ilda Tomas se construit en trois temps qui nous renvoient, si l’on veut schématiser un peu grossièrement, à trois questions essentielles : celle du genre, celle du style, celle du sens. Si l’on s’en rapporte au titre, nous pouvons dire que c’est plutôt du côté de la fange que regardent les genres cultivés par Mac Orlan, « aventurier des arts » : dessin de presse, chanson populaire – avec un goût marqué pour l’argot, par exemple.

Pour ce qui est du style, l’œuvre de Mac Orlan est placée par Ilda Tomas sous le signe du baroque, proposition plus inattendue, car on n’a pas l’habitude de lui voir appliquer ce qualificatif. À l’appui de sa thèse, l’auteur insiste sur le goût de la théâtralité, celui aussi des spectacles de cirque ou des pantins – si bien mis en évidence dans Malice –, sur le caractère souvent polymorphe ou discontinu des œuvres, ou bien encore sur les jeux de l’apparence, des doubles et des masques. Il y a là sans doute quelque chose qui explique la singularité de Mac Orlan et sa distance par rapport aux tendances surréalisantes ou idéologiques de son temps.

La troisième partie, « Du regard à la vision », s’attache à montrer comment l’ensemble de l’œuvre est un travail de transfiguration du réel, par le jeu d’une imagination tour à tour rétrospective et prospective. C’est dans cette perspective que prend tout son sens, le fameux « fantastique social » si cher à Mac Orlan et qu’Ilda Tomas interprète, de manière convaincante, comme une véritable expérience de voyance.

Ce parcours critique, rigoureux et documenté, apporte indéniablement des perspectives nouvelles qui témoignent de la richesse et de l’actualité de l’œuvre que nous nous efforçons ici même de défendre.

 

 

Pierre Mac Orlan, écrits de guerre (CD EPM) : Bernard Ascal dit et chante Pierre Mac Orlan.

 

Bernard Ascal n’en est certes pas à son coup d’essai. Il a réalisé en 2013 une excellente compilation qui rassemble la quasi-totalité des chansons de Mac Orlan par diverses interprètes. En 2017 il a signé la musique des Pâtisseries mécaniques dont il assurait lui-même la diction.

 

Le CD qu’il a réalisé en 2018 sur des extraits des écrits de guerre de Pierre Mac Orlan, figurait parmi la sélection des CD audio pour le prix 2019 du livre audio France Culture/Lire dans le noir. Belle reconnaissance. Il comporte 26 plages, réalisées sous la direction musicale d’Yves Morel. Il s’agit, pour la plupart, d’extraits des Poissons morts, de Verdun ou Dans les tranchées, dits par Bernal Ascal lui-même, lequel a su leur conférer une allure quelque peu distante et inquiète qui leur convient parfaitement. Le même Bernard Ascal signe quelques intermèdes instrumentaux fort élégants et interprète de façon assez originale trois chansons de Mac Orlan.

 

 

 

P. B.

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Samedi 9 septembre 2017

 

Au musée de la Seine-et-Marne à Saint-Cyr-sur-Morin

 

Journée d’études

 

PARTIR

 

Mac Orlan et autres écrivains voyageurs de son temps

 

 

 

 

 Journée d'études organisée par le musée de la Seine-et-Marne et la Commune de Saint-Cyr-sur-Morin, en collaboration avec la Société des lecteurs de Pierre Mac Orlan, et sous l'égide du CRAM (Centre de réflexion sur les auteurs méconnus)

 

 
 

9h15  - Accueil des participants et café d’accueil

 9h30-10h30 :

 " Quand on voyage un peu ", l'économie du voyage chez Pierre Mac Orlan,

 Zaccharie Signoles - THALIM-Ecritures de la modernité, Paris 3, Sorbonne-Nouvelle

 

 Blaise Cendrars à la découverte du Brésil 

 Claude Leroy, professeur émérite à l'Université Paris-Nanterre

 

11h : visite théâtralisée de la Maison de Pierre Mac Orlan – par Nicole Fallet, compagnie les Passeurs de l’Arche

 

12h30 : déjeuner (dans le jardin de la maison de Mac Orlan ou au musée selon la météo)

 

14h00- 15h30 :

 

"Lent progrès vers l'horizon". Quelques images de voyage chez Valery Larbaud, 

 Philippe Blondeau - Université de Picardie-Jules Verne

 

Simenon en voyage : du reporter au romancier

 Bernard Alavoine, Université de Picardie-Jules Verne-CERCLL

 

Pierre Benoit : voyager pour raconter un monde en mutation

 Dominique Le Brun, écrivain

 

 16h00-17h00 :

 

"Monfreid, c'est le Morand  des jungles : il faut toujours partir" (Renaud Matignon) 

 Francis Bergeron, écrivain

 

"Malheur à qui ne sait pas voyager" ou d'une forme du salut selon Paul Morand

 Bernard Baritaud, Président de la Société des lecteurs de Pierre Mac Orlan

 

Les Actes de cette journée d'études ont paru en 2018 dans le volume 6 de Lectures de Mac Orlan.

 Les ouvrages des intervenants en rapport  avec le thème de la journée seront proposés à la vente, et pourront être signés par leurs auteurs.

 

 

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